La concept « limites planétaires », défini par la communauté scientifique internationale (notamment le Stockholm Resilience Centre), fixe les seuils critiques à ne pas dépasser pour préserver l’équilibre de la nature et maintenir des conditions de vie sur Terre favorables, à travers 9 limites biophysiques :
- le changement climatique,
- l'érosion de la biodiversité,
- la perturbation des cycles biogéochimiques (azote et phosphore),
- le changement d'usage des sols,
- l'acidification des océans,
- l'utilisation de l'eau douce,
- l'appauvrissement de l'ozone stratosphérique,
- la charge en aérosols dans l'atmosphère,
- et l'introduction d'entités nouvelles (pollutions chimiques et plastiques).
Aujourd’hui, la science alerte sur le fait que nous sommes sortis de cet espace de sécurité : sept de ces neuf limites ont d'ores et déjà été franchies au niveau mondial. L'approche systémique : allier urgence écologique et justice sociale
Face à ce constat, il devient indispensable de cesser de gérer les crises en silos. L'évaluation des politiques publiques doit être globale, car résoudre une limite environnementale de manière isolée comporte le risque d'en aggraver une autre. Par ailleurs, l'écologie ne peut pas et ne doit pas se faire au détriment des plus vulnérables, déjà plus affectés par la crise écologique alors qu’ils contribuent moins aux dépassements des limites planétaires. La transition écologique doit impérativement être socialement juste pour pouvoir être menée à bien.
Pour tenir ces deux exigences, le modèle de la théorie du « Donut » offre un cadre d'analyse de référence. Il vise à placer notre société dans le seul espace juste et sûr où elle peut prospérer : entre un plafond écologique (le respect strict des 9 limites planétaires) et un plancher social, c'est-à-dire la garantie des besoins humains incompressibles pour tous (comme la santé, l'eau, l'éducation ou le logement). Des leviers d'action pour les acteurs publics, privés et les territoires
Afin d'intégrer concrètement cette boussole dans nos modèles, le projet d'étude du CESE explore plusieurs pistes :
L'action publique : avec notamment l'évaluation croisée des politiques publiques et la proposition de mieux conditionner les aides publiques au respect des trajectoires de transition.
Les outils pour les entreprises : l'étude invite à faire évoluer les outils de mesure classiques pour intégrer le capital naturel et humain dans les bilans, afin que l'usure des écosystèmes soit mesurée avec la même rigueur que la performance financière.
La « descente d'échelle » : c'est-à-dire la traduction de ces indicateurs mondiaux à l'échelle de chaque territoire. Il s'agit de repenser l'aménagement local en fonction de ce que les sols et les réserves en eau peuvent réellement supporter, en s'appuyant sur l'impulsion indispensable des citoyens et des associations sur le terrain.
L'intégration des limites planétaires dans les décisions publiques et privées, Avis du CESE, Saisine d'initiative, Traité par la Commission Environnement, Rapporteur.e.s : Eric MEYER & Caroline DONGE, Adopté le : 14/04/2026
